En 2025, environ 125 200 véhicules ont été volés en France, soit 9 % de moins qu’en 2024. Parmi eux, les voitures électriques ne représentent que 3 % des vols recensés, contre 54 % pour les modèles thermiques et 36 % pour les hybrides. Ce contraste intrigue, mais il s’explique par un mélange de technologies de sécurité, de difficultés de démontage et de débouchés moins évidents pour les filières criminelles.
Ces chiffres décrivent la répartition des véhicules volés, et non le risque individuel calculé pour chaque voiture en circulation. Ils donnent néanmoins une indication claire des préférences des voleurs de voitures : les modèles thermiques populaires restent souvent plus simples à écouler. Pour comprendre pourquoi les voitures électriques attirent moins les convoitises, suivons le cas fictif de Claire, propriétaire d’un véhicule électrique connecté.
Vol de véhicules : les voitures électriques restent minoritaires parmi les cibles
Les statistiques de 2025 placent la Renault Clio en tête des modèles les plus volés, devant le Toyota RAV4 et la Peugeot 208. Ces voitures sont répandues, connues des filières de revente et disposent d’un marché de pièces déjà bien établi. La Renault Mégane recensée dans le classement était également thermique : la Mégane E-Tech n’est pas concernée par ce chiffre.
Pour Claire, cette différence se traduit par un choix moins évident pour un voleur pressé. Un véhicule électrique peut sembler attractif à cause de sa valeur, mais sa technologie, son suivi numérique et les contraintes de démontage rendent l’opération plus complexe. Comme l’explique aussi cet article sur les raisons pour lesquelles les voitures électriques échappent aux voleurs, la valeur d’une voiture ne suffit pas à en faire une cible facile.
| Motorisation | Part des véhicules volés en 2025 | Ce que cela indique |
|---|---|---|
| Thermique | 54 % | Un parc important et des pièces faciles à revendre |
| Hybride | 36 % | Une part notable des vols recensés |
| Électrique | 3 % | Une présence limitée parmi les véhicules dérobés |
Les parts présentées ne correspondent pas à un taux de risque par véhicule : pour établir celui-ci, il faudrait les comparer au nombre de voitures de chaque motorisation en circulation. Elles montrent toutefois que les filières s’intéressent davantage aux modèles thermiques et hybrides. La disponibilité des pièces et la facilité de revente pèsent lourd dans ce choix.
Véhicules connectés et sécurité automobile : le vol laisse davantage de traces
De nombreuses voitures récentes intègrent une connexion cellulaire, une géolocalisation GPS ou une application permettant de suivre leur état. Selon le modèle et les options activées, le propriétaire peut recevoir une alerte en cas d’activité suspecte ou transmettre une localisation aux autorités. Certains véhicules disposent aussi d’une fonction d’immobilisation à distance, qui peut compliquer la fuite.
Les dispositifs ne sont pas identiques d’une marque à l’autre, et ils ne rendent pas une voiture invulnérable. Le mode Sentinelle proposé sur certains modèles Tesla, par exemple, peut enregistrer les environs du véhicule et aider à documenter une tentative d’effraction. Pour Claire, l’intérêt est autant dissuasif que pratique : un voleur sait qu’il peut laisser des images, une trace de connexion ou des données de localisation.
Un antivol électronique utile, mais pas infaillible
La sécurité automobile repose souvent sur plusieurs couches : verrouillage, alarme, authentification de la clé et services connectés. Un antivol électronique peut ralentir une tentative ou compliquer le démarrage, tandis qu’un traceur augmente les chances de retrouver le véhicule. Cependant, les équipements varient selon les versions et certains services dépendent d’un abonnement ou d’une couverture réseau.
La technologie réduit donc l’attrait d’un vol opportuniste sans supprimer le risque. Une voiture électrique garée dans un endroit isolé ou laissée ouverte reste exposée, même si elle dispose de protections avancées : les habitudes du conducteur comptent toujours.
Batterie électrique et revente de pièces : une valeur élevée, un démontage complexe
Une batterie électrique représente une part importante de la valeur d’un véhicule, mais elle n’est pas pour autant facile à dérober et à revendre. Son poids, son emplacement sous le plancher et les précautions nécessaires à sa manipulation rendent le démontage risqué sans matériel ni compétences adaptés. La valeur théorique d’un composant ne garantit donc pas une revente simple.
Les moteurs, calculateurs et autres éléments électroniques peuvent également être identifiés ou associés au véhicule. À l’inverse, les pièces mécaniques de nombreux modèles thermiques sont familières aux filières de revente de pièces et trouvent plus facilement preneur. Le coût des réparations et la difficulté à remettre en circulation des composants électriques peuvent aussi réduire l’intérêt économique d’un démontage clandestin.
Le secteur évolue néanmoins : les réparateurs et recycleurs développent des compétences spécifiques pour diagnostiquer, réparer ou valoriser les batteries. Pour approfondir cet enjeu, les évolutions de la technologie des batteries pour voitures électriques montrent pourquoi leur prise en charge requiert des équipements et des procédures adaptés. Aujourd’hui, cette complexité demeure un frein pour un voleur, même si elle ne signifie pas que les composants n’ont aucune valeur.
Autonomie et recharge : pourquoi la fuite peut devenir plus risquée
Une voiture électrique volée n’est pas toujours prête à parcourir une longue distance. Si sa batterie est peu chargée, il faut trouver une borne et immobiliser le véhicule le temps nécessaire à la recharge. Cette contrainte peut compliquer une fuite, surtout lorsqu’une station est fréquentée ou équipée de caméras de surveillance.
Ce facteur ne constitue pas une protection garantie : un véhicule suffisamment chargé peut parcourir une distance importante, et toutes les bornes ne disposent pas du même niveau de surveillance. Il ajoute toutefois une difficulté logistique que n’ont pas les véhicules thermiques, lesquels peuvent être ravitaillés rapidement dans de nombreux lieux.
À mesure que le marché automobile évolue et que le réseau de recharge s’étend, cet élément pourrait perdre de son poids. Pour l’instant, la durée d’immobilisation à une borne et la possibilité d’y être repéré contribuent à rendre certains vols moins pratiques.
Protéger sa voiture électrique : les gestes qui réduisent les risques
Les statistiques favorables ne dispensent pas de précautions. Claire active les protections disponibles dans l’application de son véhicule, mais elle complète aussi ces dispositifs par des habitudes simples. L’objectif est de rendre le vol plus difficile et de limiter les conséquences d’une tentative.
- Activer les alertes et le suivi GPS si le véhicule et l’abonnement le permettent, puis vérifier régulièrement leur fonctionnement.
- Utiliser une alarme ou un antivol mécanique complémentaire, notamment lors d’un stationnement prolongé.
- Ranger les clés à distance de la voiture et employer une pochette de protection contre la captation du signal sans contact, si le modèle est concerné.
- Choisir un garage ou un emplacement bien éclairé, si possible couvert ou surveillé.
- Ne pas laisser d’objets visibles dans l’habitacle et conserver les documents du véhicule séparément.
- Connaître les fonctions de sécurité de son modèle, notamment le verrouillage, les notifications et les procédures de signalement.
Un équipement connecté n’est réellement utile que s’il est configuré et entretenu. En combinant les protections numériques à des gestes de prudence, le propriétaire réduit les occasions et les chances de succès d’un vol.
Questions fréquentes sur le vol de voitures électriques
Pourquoi les voitures électriques sont-elles moins présentes dans les statistiques de vol ?
Les véhicules connectés peuvent être géolocalisés ou équipés d’alertes, tandis que leurs composants sont plus complexes à démonter et à écouler. Les modèles thermiques populaires bénéficient souvent de filières de revente plus établies.
La batterie électrique est-elle une cible fréquente pour les voleurs ?
Sa valeur est élevée, mais son poids, son emplacement et les précautions nécessaires au démontage compliquent fortement son vol et sa revente. Elle n’est donc pas un composant facile à exploiter clandestinement.
Le GPS et l’immobilisation à distance empêchent-ils forcément un vol ?
Non. Ces fonctions peuvent décourager une tentative, faciliter la localisation ou gêner le départ du véhicule, mais elles ne constituent pas une garantie absolue. Leur disponibilité dépend du modèle, des options et de la connexion.
Quelles précautions prendre pour protéger une voiture électrique ?
Activez les alertes et la géolocalisation disponibles, stationnez dans un lieu éclairé ou fermé, ne laissez aucun objet visible et envisagez un antivol mécanique complémentaire. Pensez aussi à vérifier régulièrement les réglages de sécurité.
