septembre 28, 2026
stellantis enregistre sa deuxième plus lourde perte historique. découvrez les causes de cette chute et les défis qui attendent le groupe automobile français.

Stellantis en chute libre : le groupe français essuie sa deuxième plus lourde perte historique

Stellantis a annoncé une perte nette de 22,3 milliards d’euros au titre de 2025. Ce résultat constitue la deuxième perte record jamais enregistrée par un groupe français, derrière celle de Vivendi en 2002, et met en lumière les difficultés d’un constructeur automobile confronté à une demande de véhicules électriques inférieure à ses prévisions.

Cette perte historique marque un coup d’arrêt après plusieurs années bénéficiaires. Pour les salariés, les concessionnaires et les automobilistes, l’enjeu est désormais de savoir comment le groupe compte rétablir ses résultats financiers sans perdre davantage de terrain sur un marché automobile en pleine mutation.

Stellantis : une perte historique de 22,3 milliards d’euros en 2025

Le groupe, qui rassemble notamment Peugeot, Citroën, Fiat, Opel, Jeep et Ram, a publié ses résultats le 26 février 2026. La perte nette atteint 22,3 milliards d’euros, alors que Stellantis avait dégagé un bénéfice net de 5,5 milliards en 2024.

Le chiffre d’affaires est passé de 156,6 milliards d’euros en 2024 à 153,5 milliards en 2025, soit un recul proche de 2 %. La baisse des bénéfices s’explique par un environnement commercial difficile, mais aussi par d’importantes charges exceptionnelles liées à la révision de la stratégie du groupe.

Indicateur 2024 2025 Évolution
Chiffre d’affaires 156,6 milliards d’euros 153,5 milliards d’euros En baisse d’environ 2 %
Résultat net +5,5 milliards d’euros -22,3 milliards d’euros Passage à une perte record
Résultat opérationnel courant +8,6 milliards d’euros -842 millions d’euros Solde devenu négatif
Flux de trésorerie industriel Positif -4,5 milliards d’euros Recul marqué

Des charges exceptionnelles liées au virage stratégique

Selon les données communiquées, les comptes 2025 comprennent environ 25,4 milliards d’euros de charges exceptionnelles. Elles sont notamment associées à la révision des ambitions électriques, à des projets de modèles remis en question et à des investissements industriels réévalués.

Ces éléments comptables pèsent lourdement sur le résultat net, mais ne signifient pas à eux seuls que l’activité s’est arrêtée ou que le groupe est en cessation de paiement. Ils traduisent toutefois le coût d’une stratégie ajustée après des choix qui n’ont pas produit les ventes attendues.

Pourquoi le marché automobile a fragilisé les prévisions de Stellantis

Stellantis avait misé sur une accélération rapide de la transition vers le véhicule électrique. Or, dans plusieurs marchés, les automobilistes ont adopté ces modèles plus lentement qu’espéré, notamment en raison de leur prix, des aides disponibles et des préoccupations concernant la recharge et l’autonomie.

Les ventes électriques inférieures aux objectifs ont laissé le groupe face à des capacités et à des projets difficiles à rentabiliser. La performance boursière et la confiance des investisseurs dépendront désormais de la capacité de la direction à adapter l’offre à la demande réelle, sans renoncer à l’innovation.

Pour comprendre le décalage entre les annonces et les immatriculations, les chiffres des ventes de voitures électriques en 2025 offrent un éclairage utile sur les tendances du secteur. La situation de Stellantis s’inscrit aussi dans un contexte industriel plus large, marqué par la baisse de la production automobile en France.

Une stratégie électrique à recalibrer

Le groupe ne met pas fin à l’électrification, mais revoit le rythme et la composition de son offre. L’objectif est de proposer plusieurs types de motorisations — électriques, hybrides et thermiques — afin de mieux répondre aux préférences des clients et aux réalités de chaque pays.

Cette approche peut aider à limiter les stocks de modèles peu demandés, mais elle implique aussi des arbitrages industriels importants. La question centrale pour le constructeur automobile est de réduire les coûts sans fragiliser ses marques ni retarder les modèles capables de séduire de nouveaux acheteurs.

  • Réviser les investissements dans les véhicules et les batteries dont les perspectives commerciales ont changé.
  • Adapter les gammes aux différences de demande entre l’Europe et l’Amérique du Nord.
  • Maîtriser les coûts de développement et de production pour retrouver une rentabilité durable.
  • Conserver plusieurs motorisations afin de ne pas dépendre d’un seul segment du marché.

Les discussions autour du retour de certains moteurs thermiques, dont le diesel, illustrent cette recherche de flexibilité. Stellantis avait déjà expliqué les enjeux de cette orientation dans son analyse sur les raisons d’un possible retour du diesel.

Une deuxième perte record dans l’histoire des groupes français

La perte de Stellantis est exceptionnelle à l’échelle des entreprises françaises. Le précédent majeur remonte à 2002, lorsque Vivendi avait essuyé une perte d’environ 23 milliards d’euros après une période d’expansion rapide et de lourdes difficultés financières.

France Télécom avait également enregistré cette année-là une perte proche de 21 milliards d’euros, dans un contexte dominé par un endettement considérable. Ces précédents rappellent qu’un résultat annuel spectaculaire peut découler de causes différentes : acquisitions et dépréciations d’actifs pour une entreprise, dette ou difficultés opérationnelles pour une autre.

Entreprise et année Perte rapportée Contexte principal
Vivendi, 2002 Environ 23 milliards d’euros Crise après une phase d’expansion et dépréciations importantes
France Télécom, 2002 Environ 21 milliards d’euros Endettement très élevé et restructuration
EDF, 2022 Environ 17 milliards d’euros Arrêts de réacteurs, flambée des prix de l’énergie et mesures tarifaires
Stellantis, 2025 22,3 milliards d’euros Charges exceptionnelles et révision des perspectives du véhicule électrique

Le classement ne suffit pas à mesurer la santé d’une entreprise : il faut aussi examiner sa trésorerie, sa dette, ses ventes et ses perspectives. Pour Stellantis, cette deuxième perte record constitue surtout un avertissement sur le coût d’une transformation industrielle mal ajustée au rythme du marché.

Quelles conséquences pour les clients et les concessionnaires ?

Pour Claire, propriétaire d’une Peugeot et qui envisage de changer de voiture, une perte comptable ne signifie pas que sa garantie disparaît du jour au lendemain. Les décisions commerciales et la solidité du réseau après-vente sont plus directement liées à la continuité des activités, à la disponibilité des pièces et aux engagements de la marque.

Les informations disponibles font état d’environ 46 milliards d’euros de liquidités industrielles. Ce matelas ne règle pas les difficultés de rentabilité, mais il distingue la crise actuelle d’une fermeture imminente : l’enjeu porte d’abord sur le redressement des comptes et la confiance dans la stratégie future.

Pour les acheteurs, les ajustements de gamme et les efforts visant à écouler certains stocks peuvent aussi se traduire par des offres commerciales plus attractives. Il reste prudent de comparer le prix, les garanties, le coût d’usage et la valeur de revente, surtout pour un véhicule électrique dont le modèle ou la production pourrait évoluer.

Ce que les automobilistes doivent surveiller

La crise financière de Stellantis peut avoir des effets différents selon la marque et le modèle. Un véhicule largement diffusé bénéficie généralement d’un réseau et d’un marché d’occasion plus établis qu’une voiture électrique produite en petite série ou dont la succession reste incertaine.

Avant un achat, il est donc utile de vérifier les conditions de garantie et l’accès au service après-vente, puis de comparer les offres de plusieurs constructeurs. Les dispositifs d’aide à l’achat peuvent également peser dans le calcul : les aides disponibles pour les véhicules électriques évoluent selon les critères d’éligibilité et les modèles concernés.

Les défis de Stellantis pour redresser ses résultats financiers

La priorité est de restaurer une marge positive tout en renouvelant les modèles les plus importants. La progression du chiffre d’affaires et des volumes observée au second semestre 2025, selon les éléments communiqués, apporte un signe encourageant, mais elle devra se confirmer dans la durée.

Dans les prochains mois, la performance de Stellantis dépendra de sa capacité à vendre les véhicules déjà lancés, à maîtriser les dépenses et à mieux répartir ses investissements entre les différentes motorisations. La compétition est intense : les constructeurs doivent proposer des voitures accessibles tout en finançant l’électrification et les nouvelles technologies.

Le partenariat avec Leapmotor fait partie des pistes explorées pour développer des véhicules électriques à des coûts plus contenus. Cette coopération pourrait aider à accélérer le lancement de modèles abordables, mais elle pose aussi la question de la place des marques historiques dans une offre de plus en plus mondialisée.

Les prochaines annonces sur les produits, les usines et les volumes permettront de juger si le groupe transforme ce choc en réorganisation maîtrisée. Dans l’industrie automobile, une stratégie crédible se mesure autant aux ventes qu’à la capacité à tenir ses engagements industriels.

Pourquoi Stellantis a-t-il perdu 22,3 milliards d’euros en 2025 ?

Le groupe attribue une part majeure de cette perte à des charges exceptionnelles et à la révision de ses perspectives, après des ventes de véhicules électriques inférieures aux attentes. La baisse du chiffre d’affaires et la dégradation des résultats opérationnels ont également pesé sur l’exercice.

La perte de Stellantis signifie-t-elle que le groupe va faire faillite ?

Non, une perte nette ne signifie pas à elle seule une faillite. Les informations disponibles font état d’environ 46 milliards d’euros de liquidités industrielles, mais le groupe doit améliorer sa rentabilité et gérer ses investissements avec rigueur.

La garantie d’une Peugeot, d’une Citroën ou d’une Fiat est-elle automatiquement menacée ?

La publication d’une perte ne supprime pas automatiquement les garanties constructeur. Les clients doivent continuer à se référer aux conditions contractuelles de leur véhicule et aux informations communiquées par le réseau après-vente.

Stellantis abandonne-t-il les voitures électriques ?

Les éléments disponibles décrivent plutôt un réajustement des ambitions qu’un abandon de l’électrique. Le groupe entend conserver une offre électrique tout en développant aussi des modèles hybrides et thermiques, selon les marchés et la demande.